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PORTRAITS À DISTANCE #4 : Marion DUVIGNEAU

PORTRAITS À DISTANCE #4 : Marion DUVIGNEAU

L’été, le soleil, la chaleur : beaucoup seront alanguis le temps d’une pause sur un transat, les doigts de pied en éventail. L’occasion d’ouvrir un livre, de consulter son téléphone ou — mieux — de lire les "Portraits à distance" du Forum ! Munis de notre bâton de pèlerin, nous avons interviewé diverses personnalités qui ont été associées aux actions du Forum, dans leur grande diversité : architectes, scénographes, designers, danseurs, photographes, cinéastes, habitants… À la manière d’un faux et bref questionnaire de Proust, nous les avons interrogées sur leur relation à l’architecture à travers leurs perceptions, leurs parcours et leurs souvenirs. Ces courts portraits estivaux sont une occasion, après un printemps éprouvant, de pratiquer une forme d'architecture buissonnière d'été, faussement insouciante et plus sérieuse que sa forme apparemment légère.

Quel est votre parcours ?

Un parcours classique d'archiviste-paléographe (classe préparatoire, École nationale des Chartes puis École nationale du Patrimoine) avec une carrière dans les collectivités : Archives départementales, bibliothèque départementale de prêt et maintenant Archives municipales et métropolitaines de Nice Côte d'Azur. Je suis donc une femme de l'écrit.

Mes expériences professionnelles m'ont amenée à collecter, classer et mettre en valeur des fonds d'archives d'architectes, et, aujourd'hui, j'ai la responsabilité d'un ensemble exceptionnel d'autorisations de voirie urbaine et de permis de construire depuis 1832, sans doute un des plus anciens et des plus complets de France, sur un territoire qui a été façonné par des architectes et urbanistes adeptes du néo-classicisme, de l'éclectisme, de l'exotisme…

Quel est votre rapport à l’architecture ?

Ma formation et mon univers c'est beaucoup de texte et quelques images, dans une vision du monde en deux dimensions, depuis la feuille A4 jusqu'au format grand-aigle. Je vois la vie à plat ! Tout le contraire de l'architecture donc. Dans les fonds d'archives que je gère, l'architecture se décline en plan masse, coupe transversale ou élévation, et le tout, bout à bout, en mètres linéaires de documents. Il faut beaucoup d'imagination pour la visualiser dans l'espace !

Qu’est-ce que "présenter l’architecture" ou "vivre l’architecture" ?

“Présenter l'architecture” en valorisant des fonds d'archives c'est assurer la médiation entre la trace laissée dans les archives par le travail de l'architecte (plans, photographies, descriptifs, réflexion théorique…) et le public qui n'a parfois plus accès au bâtiment lui-même, détruit ou modifié au fil des temps. Aujourd'hui, les outils sont variés depuis l'encadrement avec passe partout esthétisant jusqu'à la reconstitution 3 D.

Et puis la maquette papier : je garde la nostalgie des découpages des dépliés Jeunes Années et du montage de châteaux forts et de villages miniatures, que j'ai eu la joie de redécouvrir plus tard dans les “grandes constructions” et décors de théâtre de l'imagerie messine...

Avez-vous un souvenir d’architecture qui vous tient à cœur ? (un bâtiment, un paysage, une rencontre, une ville)

Sans hésiter : les escaliers du château de Chambord. Les gravir c'est un peu comme entrer dans une planche de géométrie descriptive !