Le 109 : Pôle de cultures contemporaines - ville de Nice

PORTRAITS À DISTANCE #5 : Anne FAVRET et Patrick MANEZ

PORTRAITS À DISTANCE #5 : Anne FAVRET et Patrick MANEZ

L’été, le soleil, la chaleur : beaucoup seront alanguis le temps d’une pause sur un transat, les doigts de pied en éventail. L’occasion d’ouvrir un livre, de consulter son téléphone ou — mieux — de lire les "Portraits à distance" du Forum ! Munis de notre bâton de pèlerin, nous avons interviewé diverses personnalités qui ont été associées aux actions du Forum, dans leur grande diversité : architectes, scénographes, designers, danseurs, photographes, cinéastes, habitants… À la manière d’un faux et bref questionnaire de Proust, nous les avons interrogées sur leur relation à l’architecture à travers leurs perceptions, leurs parcours et leurs souvenirs. Ces courts portraits estivaux sont une occasion, après un printemps éprouvant, de pratiquer une forme d'architecture buissonnière d'été, faussement insouciante et plus sérieuse que sa forme apparemment légère.

Anne FAVRET

Quel est votre parcours ?

Villa Arson puis Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles. Nous réalisons, avec Patrick Manez, une œuvre photographique commune depuis une trentaine d’années construite autour de la question du paysage et, en autre, du paysage urbain et ses usages.

Quel est votre rapport à l’architecture ?

Tout d’abord 10 ans de photographie d’architecture professionnelle : Editions du demi-cercle et Architecture & Cie avec Hubert Tonka, les éditions Parenthèses, L’Architecture d’Aujourd’hui, D’Architecture, le Moniteur, l’agence Archipress… Une immersion dans chacune des architectures que nous avons photographiées, une grande attention à l’inscription dans le paysage, beaucoup de temps passé à attendre la lumière. Travail à la chambre, grande précision du point de vue, une véritable école du regard.

Qu’est-ce que "présenter l’architecture" ou "vivre l’architecture" ?

L’expression « présenter l’architecture » me paraît trop technique et ne pas pouvoir rendre compte de la complexité de l’expérience architecturale qui convoque tous les sens… plus le temps. « Vivre l’architecture », oui. Parce que c’est ce que l’on fait tous les jours dans son environnement familier, oui parce qu’une architecture s’apprivoise, se sent, se caresse, se dévoile, se laisse voir sous toutes les lumières. Toujours le temps.

Avez-vous un souvenir d’architecture qui vous tient à cœur ? (un bâtiment, un paysage, une rencontre, une ville)

Mon souvenir le plus fort se passe à Gènes. Dès la première traversée par la sopraelevata, nous avons décidé de travailler sur cette ville, d’en faire « notre atelier ». Mais retrouver cette première sensation de plénitude, de complémentarité non orthodoxe entre le bâti et le paysage a été extrêmement difficile jusqu’au jour où nous avons compris qu’il fallait inverser le regard. Ne pas se coller au sujet mais, à partir du lieu que nous voulions photographier, lever les yeux et repérer le point de vue à partir duquel travailler. Cela a été un choc, l’impression de pouvoir, enfin, tenir la ville.

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Patrick MANEZ

Quel est votre parcours ?

Naissance à Nancy en 1964 au Haut du Lièvre, à 8 ans Banlieue parisienne à Vigneux-Sur-Seine en HLM, puis toujours dans l’Essonne vers 9-10 ans à Courcouronnes dans un quartier pavillonnaire puis déménagement à Marseille vers 15-16 ans. D’abord dans un immeuble de ville vers la plage des Catalans, puis dans un quartier pavillonnaire à Vitrolles. Après le bac, Nice Villa Arson, puis ENSP à Arles. Vie active Paris, puis Marseille, puis Nice.

Quel est votre rapport à l’architecture ?

Mon rapport à l’architecture passe avant tout par les endroits que j’ai habités.

Qu’est-ce que "présenter l’architecture" ou "vivre l’architecture" ?

J’ai certainement développé inconsciemment un goût pour l’architecture en vivant dans ces différents type d’urbanisme, sans faire de rapport direct entre ces lieux et les changements dûs à la reconstruction (les barres d’immeubles) et l’importation de nouveaux modes de vie (l’habitat pavillonnaire) . Ce rapport s’est ensuite modifié avec mon activité professionnelle de photographe d’architecture et la découverte des grands noms de l’architecture contemporaine. Maintenant mes préoccupations sont d’ordre plus général et je considère la ville comme mon paysage, comme mon environnement naturel.

Avez-vous un souvenir d’architecture qui vous tient à cœur ? (un bâtiment, un paysage, une rencontre, une ville)

Le Haut du lièvre de Bernard Zehrfuss, j’y ai passé mon enfance.