Le 109 : Pôle de cultures contemporaines - ville de Nice

POUSSER LES MURS #4 : ANNE CAUQUELIN (épisode 1)

POUSSER LES MURS #4 : ANNE CAUQUELIN (épisode 1)

Anne CAUQUELIN (Paris) Docteure en philosophie, romancière, essayiste et plasticienne, Anne CAUQUELIN est une figure française de la pensée sur le paysage, sur la ville et sur l'art contemporain. Ancienne rédactrice en chef de "La Nouvelle revue d'esthétique", elle est professeure émérite de philosophie des universités Paris-X et de Picardie. Anne CAUQUELIN a donné au Forum, le 20 octobre 2018, un cours public d'architecture (en l'espèce, de paysage) sous le titre "La conversation champêtre, contrastes et connivences entre jardins et paysages", dans le cadre de l'exposition "Collection Paysages" et des Journées Nationales de l'Architecture 2018.

La proposition d'Anne CAUQUELIN : les grains de temps

Dans le cadre de "Pousser les murs", Anne CAUQUELIN propose non pas une, mais deux réflexions complémentaires sur des dimensions dont le confinement nous affûte la perception, voire la cognition : l'espace (auquel on pense en premier étant donné sa limitation soudaine), mais également le temps.
"Grains de temps", ici reproduit en fac-similé, est un texte paru en mai 2018 au sein d'un ouvrage coécrit avec le compositeur Jean-Luc HERVÉ, "Les Jardins de l'écoute". Il nous parle de variations infinitésimales des choses dans lesquelles se logent potentiellement des vies entières ; il traite des relations entre temps et mouvement, de la multiplicité des corps (que le confinement individuel a de fait gommée) ; il questionne la solitude des choses et des êtres que le temps sépare ; il invoque l'attente et la mémoire, mais soulève aussi l'espoir que le temps, qu'une hypothèse matérialise ici sous forme de "grains", puisse également porter en lui des germes de rencontre et de déploiement, telle la graine mise en terre.

Pousser les murs : le cadre général

Au Forum d'Urbanisme et d'Architecture, nous avons l’habitude de présenter l’architecture, la ville et le paysage comme des environnements sensibles, porteurs de sens, de plaisirs esthétiques et de liberté. De fait, nous ne nous faisons pas à l'idée que notre cadre bâti le plus familier — celui de nos domiciles — puisse être vécu aujourd’hui par un funeste effet de retournement en cette période de confinement comme une entrave qui nous limite, voire nous oppresse.
Pour interroger, ou même conjurer ce sentiment d'enfermement, nous nous sommes interrogés sur les multiples façons dont nous pourrions en quelque sorte "pousser les murs", et regarder et vivre d'une manière légère, surprenante ou stimulante cette "boîte" qui est, pour une durée indéterminée, notre univers limité (et ceci d'autant plus que le temps pour le faire nous est désormais offert à l'excès).
"Pousser les murs" est ainsi un mot d'ordre, mais également le titre d'une carte blanche que nous avons proposée à diverses personnalités du monde de l'architecture, de l'urbanisme, du design et d'autres champs de la culture et du savoir afin qu'ils partagent avec nous leur manière de voir plus loin au-delà des murs.