Le 109 : Pôle de cultures contemporaines - ville de Nice

UN JOUR, UNE ŒUVRE #1 : MARSEILLE, 1949

UN JOUR, UNE ŒUVRE #1 : MARSEILLE, 1949

Lorsque la Ville de Nice a reçu le fonds d'archives privées de l'architecte Guy Rottier (1922-2013) — à l'initiative du Forum et avec les contributions décisives du service des Archives et du MAMAC —, l'engagement a été pris de rendre ces quelques huit mille pièces accessibles au public, au fur et à mesure que de leur inventaire et catalogage. En trois ans, deux expositions au Forum et une exposition hors les murs ont déjà permis de lever le voile sur ces témoignages, pour la plupart inédits, de la pensée et de l'œuvre d'un des architectes niçois les plus singuliers. ​​​​​​​Avec "Un jour, une œuvre", nous donnons à voir dix-huit pièces comme autant de "coups de cœur" qui, par la variété même de leurs formes, de leurs supports et de leurs contenus, illustrent la construction des idées de Guy Rottier et du cheminement de sa pensée, véritable machine à idées de l'architecture du xxe siècle.

#1 : Marseille, 1949 (gouache sur papier)

Guy Rottier a été un touche-à-tout, y compris par l'usage d'un large spectre de techniques d'expression et de représentation : la peinture, la photographie, le livre, la revue périodique furent pour lui des terrains alternatifs au simple usage des outils plus attendus de l'architecte.
S'agissant de la peinture, il nourrissait peu d'illusions rétrospectives sur ses talents dans l'enfance : “C’était très mauvais, mais mon père me disait toujours : “Un jour tu seras peintre”. Puis un jour un Allemand […] qui avait étudié à l’École des Beaux-Arts de Dresde […] m’a initié à l’aquarelle en me disant : “L’aquarelle, c’est beaucoup de blancs, c’est à dire beaucoup d’eau et peu de peinture”. C’était une leçon que j’ai retenue, car mes aquarelles du début c’était beaucoup de peinture et peu d’eau, c’est à dire un micmac de n’importe quoi.”
Il ne rangea pour autant pas ses pinceaux, et si la gouache ou l'aquarelle demeurèrent toujours présents au cas par cas dans ses rendus, il explora un temps le territoire de la peinture comme représentation possible pour l'architecture. Une série de gouaches réalisées à Marseille à l'époque du chantier de la Cité Radieuse peut ainsi être rapprochée de ce jugement de sa part sur le pinceau de Le Corbusier, dont la suite éclaire le rapport de Guy Rottier à la peinture comme expression : “Je n’ai jamais tellement apprécié la peinture de Le Corbusier, mais je pense qu’elle a été pour lui un tremplin pour l’architecture. Et effectivement, en l’analysant, on reconnaît une parenté de formes, surtout courbes, dans ses plans, ses tracés de villes ou de quartiers. À présent je suis persuadé que la peinture est le meilleur support pour l’architecture. C’est un peu la pointe de la flèche qui annonce l’architecture.”