Le 109 : Pôle de cultures contemporaines - ville de Nice

UN JOUR, UNE ŒUVRE #14 : MAISON SERPENT, dessin réalisé Jean-Marc Reiser, 1980 (aquarelle sur papier)

UN JOUR, UNE ŒUVRE #14 : MAISON SERPENT, dessin réalisé Jean-Marc Reiser, 1980 (aquarelle sur papier)

Lorsque la Ville de Nice a reçu le fonds d'archives privées de l'architecte Guy Rottier (1922-2013) — à l'initiative du Forum et avec les contributions décisives du service des Archives et du MAMAC —, l'engagement a été pris de rendre ces quelques huit mille pièces accessibles au public, au fur et à mesure que de leur inventaire et catalogage. En trois ans, deux expositions au Forum et une exposition hors les murs ont déjà permis de lever le voile sur ces témoignages, pour la plupart inédits, de la pensée et de l'œuvre d'un des architectes niçois les plus singuliers. Avec "Un jour, une œuvre", nous donnons à voir dix-huit pièces comme autant de "coups de cœur" qui, par la variété même de leurs formes, de leurs supports et de leurs contenus, illustrent la construction des idées de Guy Rottier et du cheminement de sa pensée, véritable machine à idées de l'architecture du xxe siècle.

Ce projet relève de la suite de recherches de Guy Rottier sur le principe de maisons enterrées — en réalité des ouvrages construits au niveau du sol par assemblage de modules tubulaires industrialisés en béton, ensuite recouverts de terre issue des déblaiements et excavations, et dont le toit/façade devient le jardin. Au fil des ans, la dimension paysagère et naturelle d'origine évolua d'ailleurs vers un discours sur la récupération des déchets et le réemploi des matériaux (avant même l'invention du terme d'économie circulaire) remplaçant le recouvrement par de la terre par un camouflage sous des traverses de chemins de fer de récupération, de vieilles voitures ou des objets de rebut.

Les techniques graphiques sont très variées lors de ces multiples versions : œuvres uniques sous forme de collages évoquant l'Op Art ou de dessins à l'encre ; multiples (lithographies, tirages gélatine…) au statut revendiqué d'œuvres d'art diffusables.

La maison serpent se présente comme une des multiples variations autour du principe de maison enterrée, et ici c'est l'aquarelle qui est retenue par Jean-Marc Reiser pour produire une forme de récit graphique autour des idées de Guy Rottier. Cet acte inaugurera une grande complicité entre l'architecte et le dessinateur, ce dernier ne se contentant pas d'être un simple illustrateur, mais bien un alter ego dans la fabrique des idées, qui contribue par une lecture critique à la vie même du projet.