Le 109 : Pôle de cultures contemporaines - ville de Nice

UN JOUR, UNE ŒUVRE #18 : NICE FUTUR

UN JOUR, UNE ŒUVRE #18 : NICE FUTUR

Lorsque la Ville de Nice a reçu le fonds d'archives privées de l'architecte Guy Rottier (1922-2013) — à l'initiative du Forum et avec les contributions décisives du service des Archives et du MAMAC —, l'engagement a été pris de rendre ces quelques huit mille pièces accessibles au public, au fur et à mesure que de leur inventaire et catalogage. En trois ans, deux expositions au Forum et une exposition hors les murs ont déjà permis de lever le voile sur ces témoignages, pour la plupart inédits, de la pensée et de l'œuvre d'un des architectes niçois les plus singuliers. Avec "Un jour, une œuvre", nous donnons à voir dix-huit pièces comme autant de "coups de cœur" qui, par la variété même de leurs formes, de leurs supports et de leurs contenus, illustrent la construction des idées de Guy Rottier et du cheminement de sa pensée, véritable machine à idées de l'architecture du xxe siècle.

#18 : Nice Futur, perspective aérienne (feutre sur calque)

Penser la ville faisait intégralement partie de l'action que voulait mener Guy Rottier. Dès 1955, il signait une étude d'aménagement de Mehun-sur-Yèvre comme “architecte-urbaniste”. Ultérieurement, il expliquait ainsi son choix de travailler, dès 1946, chez Le Corbusier :

L’architecture et l’urbanisme sont des problèmes essentiellement humains, dont Le Corbusier s’était fait une spécialité, il fallait donc, coûte que coûte, travailler avec lui...

Les années passant, son discours et ses instruments deviennent plus radicaux. Ainsi, invité par les “Rencontres internationales construction et humanisme”, organisatrices à Cannes en 1969 d'un Grand Prix international d'urbanisme et d'architecture ouvert à des architectes prospectifs (parmi lesquels beaucoup gravitaient autour du GIAP de Michel Ragon), Guy Rottier, en binôme avec Yona Friedman, conçoit le projet Nice Futur pour la Plaine du Var. Tandis que Yona Friedman s'attache à une cité de vacances en bord de mer localisée en lieu et place de l'aéroport (transféré vers Fréjus), Guy Rottier s'attelle à donner forme à une ville pour 200 000 à 500 000 habitants disposée en longueur au-dessus du lit du fleuve. Elle pourvoit à ses besoins en alimentation grâce au maintien d'une agriculture locale, qui cohabite avec des infrastructures majeures de transport, avec un immeuble linéaire de quinze étages serpentant le long du fleuve sur une longueur développée de plus de trente kilomètres et avec des tours hélicoïdales de quatre-vingt-cinq étages. Le dessin libre de Guy Rottier navigue de l'ensemble au détail, de la perspective d'ensemble (ici figurée) au plan typologique des logements, dans lesquels se retrouve fugacement la mémoire de recherches antérieures, telle la maison escargot.