Le 109 : Pôle de cultures contemporaines - ville de Nice

UN JOUR, UNE ŒUVRE #7 : VILLA BARBERIS, DÉTAIL DE FAÇADE

UN JOUR, UNE ŒUVRE #7 : VILLA BARBERIS, DÉTAIL DE FAÇADE

Lorsque la Ville de Nice a reçu le fonds d'archives privées de l'architecte Guy Rottier (1922-2013) — à l'initiative du Forum et avec les contributions décisives du service des Archives et du MAMAC —, l'engagement a été pris de rendre ces quelques huit mille pièces accessibles au public, au fur et à mesure que de leur inventaire et catalogage. En trois ans, deux expositions au Forum et une exposition hors les murs ont déjà permis de lever le voile sur ces témoignages, pour la plupart inédits, de la pensée et de l'œuvre d'un des architectes niçois les plus singuliers. Avec "Un jour, une œuvre", nous donnons à voir dix-huit pièces comme autant de "coups de cœur" qui, par la variété même de leurs formes, de leurs supports et de leurs contenus, illustrent la construction des idées de Guy Rottier et du cheminement de sa pensée, véritable machine à idées de l'architecture du xxe siècle.

#7 : Villa Barberis, Villeneuve-Loubet, détail de façade, élément non daté (photographie, auteur non crédité)

Le premier marqueur singulier de cette villa est l'identité même de son client, l'entrepreneur en menuiserie Charles Barberis, compagnon des réalisations de Le Corbusier avec lequel Guy Rottier avait développé un système de cabanons de vacances à la fin des années cinquante (cf. Un jour, une œuvre #4).

Le second signe de sa singularité a été le calendrier de sa réalisation. Initié en 1962, le chantier de cette villa contemporaine, en rupture avec le style provençal de l'habitation familiale antérieure, subit des retards pour cause de difficultés financières. Il est ensuite arrêté à la mort de l'épouse de Charles Barberis, des aménagements minimaux permettant à ce dernier d'habiter une partie de ce qui avait été réalisé, et ceci pendant une quinzaine d'années jusqu'en 1980. La villa demeure alors en l'état jusqu'à ce que Guy Rottier soit à nouveau missionné par la famille en 1987 pour achever les travaux, après une redéfinition partielle du programme.

Quels que furent les aléas de cette aventure, il en demeure des éléments de signature cristallisant la convergence d'engagements entre Guy Rottier et son commanditaire éclairé. Outre une écriture singulière de la toiture, le traitement de la maçonnerie d'un mur pignon, avec le jeu des ombres rasantes de volumes comme extrudés, souligne la recherche permanente de la hardiesse, ici de nature plastique.